J’attends. Je sors mon téléphone, je scroll. Paysage, chaussures, animaux, voiture, selfie, vacances. Photos filtrées, paysages magnifiques, lifestyle healthy, tous les jours passent devant moi à une cadence effrénée. Peu à peu je les désire, et ils altèrent mes envies, mes fantasmes. Je les veux et je cherche à les atteindre.



“L’écran constitue le lieu où les images nous informent, nous affectent, nous surprennent, nous amusent (…). Plus techniquement, l’écran joue comme interface, c’est à dire au sens chimique, une « surface de rencontre entre deux milieux ». Ces deux milieux sont les images et les publics”


Laurent Jullier, L’écran comme interface, 5 rencontre possibles entre un regard et une image



Au point de rencontre de ces deux milieux, le public, l’amateur, s’empare de l’outil et produit du contenu. L’esthétique change, et nos rapport aux images aussi. De nouveaux horizons apparaissent. Il me plaît de les explorer et de les parcourir jour après jour, de les mettre en relief, de les donner à voir.

Questionner l’impact sur le monde de nos systèmes d’information et de communication continus, leur promesses inquiétantes, étrange, de nous faire vivre en eux.


Posées sur une toile vierge, rendues visible grâce au mélange de couleurs, travaillées avec le geste de la main pendant plusieurs jours, présentées devant un public en un instant et lieu donnés, mes peintures et performances apparaissent au fur et à mesure du temps. Donner corps à des archives numériques sur une surface matérielle constitue une manière de les sortir du flux continu, de les présenter comme des témoins, de leur offrir une dimension nouvelle; celle de la temporalité, du mystère, de la rêverie.


Les célébrer

Leur donner corps

Leur insuffler un souffle de vie